Les techniques

Voici un focus technique sur les manœuvres de force et les outils de précision qui font la spécificité de ce métier, particulièrement lors de situations complexes.


1. Les techniques de rétention (Le freinage)

La rétention est l’art de faire descendre des branches ou des billots de bois pesant parfois plusieurs centaines de kilos sans qu’ils ne touchent le sol brutalement. C’est indispensable au-dessus d’une véranda, d’une clôture ou d’un massif de fleurs.

  • Le cylindre de friction (ou cabestan) : Fixé au bas du tronc, cet appareil permet à l’homme de pied de contrôler la descente de charges lourdes avec très peu d’effort, simplement en enroulant la corde de rétention autour du cylindre.
  • Les poulies de forte charge : Installées en haut de l’arbre sur un point d’ancrage solide, elles dirigent la corde et absorbent l’énergie lors de la chute de la branche coupée.
  • Le mouflage : Un système de poulies démultipliées qui permet de soulever une branche ou de la tirer dans une direction précise (pour contrer une inclinaison naturelle par exemple).

2. Les nœuds essentiels

En élagage, chaque nœud a une fonction vitale. Ils doivent être extrêmement solides, mais rester faciles à défaire, même après avoir subi une tension énorme.

  • Le nœud de friction (Prusik, Valdotain, Machard) : Ces nœuds « auto-bloquants » permettent au grimpeur de coulisser sur sa corde pour monter ou descendre, et de s’arrêter instantanément dès qu’il lâche les mains.
  • Le nœud de chaise (et ses variantes) : Utilisé pour créer une boucle fixe et ultra-résistante à l’extrémité d’une corde.
  • Le nœud de tête d’alouette ou de cabestan : Pour attacher solidement les branches que l’on s’apprête à couper et à descendre en rétention.

3. La gestion du « compartimentage » (La règle de l’art)

C’est l’aspect le plus technique de la coupe. L’arboriste ne coupe pas n’importe où :

  • L’angle de coupe : Il faut couper juste après le rideau défensif de l’arbre (le bourrelet cicatriciel à la base de la branche).
  • La prévention des déchirures : Pour les grosses branches, on utilise la technique de la « coupe en trois points ». On fait une entaille sous la branche, puis une coupe au-dessus plus loin, et enfin on retire le moignon restant. Cela évite que l’écorce ne s’arrache le long du tronc lors de la chute.

Aperçu du matériel de rétention

OutilUsage principal
Bollard / CylindreContrôler la friction au sol pour freiner la charge.
Élingue textileAnneau de sangle haute résistance pour fixer les poulies.
Corde de rétentionCorde spécifique à faible élasticité (souvent 12 ou 16 mm).
Griffe de démontageUtilisées uniquement si l’arbre est destiné à être abattu.

Auteur/autrice

thibaultbonjean@gmail.com